Montréal en 2025 : Portrait d’une ville en changement

 

À quoi va ressembler Montréal en 2025? Il est encore très difficile de répondre à cette question, mais chose certaine, des technologies comme le « Big Data », l’Internet des Objets, l’Intelligence Artificielle et l’automatisation vont avoir un impact important sur la ville de demain. Comme il s’agit d’un sujet qui nous tient à cœur, nous nous sommes rendu vendredi dernier à Territoire Citoyen, une journée de conférences présentées dans le cadre de Projet Ex, pour assister à la table ronde « La ville en 2025 », animée par Mathieu Roy, chroniqueur technologique au 98.5 FM. Cette table ronde réunissait trois experts d’entreprises montréalaises qui se spécialisent en technologies émergentes : Vincent-Charles Audet de Local Logic, Fréderic Prigge de l’Institut du Véhicule Innovant et François Maillet d’Element AI.

D’entrée de jeu, l’animateur, Mathieu Roy, a souligné que même si 2025 peut sembler lointain et même futuriste, seulement 8 ans nous séparent de cette année, ce qui n’a pas semblé trop inquiéter les trois experts sur scène. Au contraire, ceux-ci semblaient enthousiastes à propos des années à venir et prêts à s’attaquer à des défis complexes, uniques, importants et stimulants. Vincent-Charles Audet, dont l’entreprise, Local Logic, se spécialise en collection et analyse d’un grand nombre de données (le « Big Data »), espère utiliser les données pour réinventer le processus de prise de décisions au niveau des villes. Selon lui, les prises de décisions qui affectent les citoyens sont actuellement trop qualitatives (basées sur des impressions et des hypothèses) et pas assez quantitatives (basées sur les données et des modèles mathématiques solides). Pour résoudre ce problème, Local Logic veut utiliser les données pour comprendre à quoi ressemble l’écosystème d’une ville et établir des modèles réalistes et complets qui prennent en compte divers facteurs, incluant le transport en commun, le stationnement, le commerce et bien plus encore. Ces données pourront ensuite guider la prise de décisions dans divers secteurs. Dans l’immobilier, elles pourraient aider les commerces à déterminer le secteur idéal pour s’établir, prédire la valeur d’une propriété dans les années à venir ou encore améliorer le processus d’achat d’une maison ou d’un immeuble en poussant l’analyse bien au-delà du simple prix de la propriété. Pour la ville, ces données pourraient permettre d’évaluer, par exemple, l’impact réel d’une nouvelle piste cyclable sur la ville dans son ensemble, pas seulement pour les cyclistes, mais aussi pour les citoyens, pour la circulation, pour les commerces, etc.

Pour François Maillet d’Element AI, nous nous dirigeons vers un monde « AI first » dans lequel l’intelligence artificielle va jouer un rôle central dans un grand nombre d’industries. Des percées importantes ont été réalisées au cours des dernières années au niveau de l’apprentissage profond (le « Deep Learning »), permettant aux intelligences artificielles d’apprendre elles-mêmes comment traiter l’information dans divers contextes. Ces percées vont avoir des retombées massives au niveau de l’analyse des données et de la reconnaissance d’images puisqu’une intelligence artificielle peut surveiller et analyser plus de variables différentes en temps réel qu’un être humain. L’intelligence artificielle va améliorer les villes de plusieurs façons différentes. Un agent intelligent pourrait par exemple optimiser les feux de circulation, améliorant la circulation dans l’ensemble de la ville en réduisant les arrêts inutiles. Si une intersection provoque des accidents ou des accrochages réguliers, il serait possible d’utiliser l’intelligence artificielle pour évaluer tous les accrochages à cette intersection durant une période précise pour identifier les éléments communs, permettant aux preneurs de décisions d’effectuer des changements qui prennent en considération ces données précises. En bref, l’intelligence artificielle va avoir un très grand nombre d’applications pratiques pour les villes et devrait rendre la ville plus sécuritaire pour les citoyens sans même que ceux-ci s’en aperçoivent.

Selon Fréderic Prigge de l’Institut du Véhicule Innovant, nous ne risquons pas de voir des changements drastiques au niveau du transport autonomne d’ici 2025. Par contre, les véhicules vont continuer d’évoluer pour devenir de plus en plus intelligents. Avant d’arriver aux véhicules pleinement autonomne, nous devrions voir apparaitre dans les véhicules des modules d’aide à la conduite. Les autobus, par exemple, sont un type de véhicule qui, en ville, auraient grandement besoin de modules d’aide à la conduite pour éviter des accrochages inutiles. M. Prigge a également mentionné le projet Waymo de Google à Phoenix, qui teste en ce moment les véhicules autonomes dans des conditions réelles. En effet, un nombre limité d’usagers présélectionnés peuvent actuellement demander à un véhicule Waymo de venir les chercher et de les transporter au travail ou à l’école. Selon M. Prigge, les véhicules autonomes conduisent aujourd’hui mieux que la moyenne des Montréalais et possèdent de nombreux avantages. Par exemple, impossible pour un véhicule autonome de se fâcher contre un piéton ou des problèmes de circulation. Ces services de transport autonomes ont donc un potentiel formidable. En permettant aux véhicules de communiquer entre eux, il sera peut-être même possible un jour d’optimiser la circulation dans son ensemble pour éviter presque entièrement les bouchons de circulation. Continuant sur cette lancée, Vincent-Charles Audet a ajouté qu’il est intéressant d’imaginer ce qui arriverait si les véhicules autonomes étaient entièrement partagés plutôt que la propriété d’individus précis, puisque ceci pourrait libérer énormément d’espace au niveau du stationnement en ville. Ces espaces pourraient ensuite être transformés pour devenir des logements abordables, des espaces publics, des parcs, etc. Bref, a-t-on vraiment besoin de sa propre voiture en ville?

Quoique ces technologies sont très prometteuses, les experts réunis étaient tous d’accord : il faudra que l’éthique prenne une place importante et que les architectes et les développeurs de ces systèmes soient prêts à considérer des cas plus difficiles. La collecte de données, par exemple, peut causer des problèmes majeurs au niveau du respect de la vie privée. Un des intervenants a donné l’exemple de Google, qui récolte les données provenant des téléphones cellulaires, mais ne permet pas aux développeurs d’identifier la provenance de ses données. Cette solution élégante permet aux développeurs d’améliorer la plateforme et les services offerts par Google tout en respectant la vie privée des usagers. Comme les technologies mentionnées ci-haut vont affecter directement les citoyens, il faudra que les systèmes et plateformes soient conçus de façon très précise, prenant en considération de nombreux cas différents. Sinon, ces systèmes risquent de reproduire accidentellement des idées préconçues ou des préjugés sociaux.

En résumé, l’avenir s’annonce très intéressant pour Montréal. En mettant les technologies mentionnées ci-haut au profit des citoyens, la ville assurera une meilleure qualité de vie et sera en mesure de prendre des meilleures décisions pour tous. Bien entendu, pour réaliser le plein potentiel de ses technologies, il faudra que les solutions logicielles développées par les divers intervenants misent sur une pratique d’assurance qualité robuste car ces systèmes seront au cœur d’un très grand nombre d’activités. Chez Askida, nous gardons ses développements à l’œil et nous espérons continuer de collaborer avec plusieurs autres entreprises pour livrer des solutions numériques de meilleure qualité et ainsi permettre aux promesses d’aujourd’hui de devenir la réalité de demain.

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